Artículo
Autoría
Jordi Luengo
;
GONZÁLEZ ROUX, MAYA
Fecha
2013
Editorial y Lugar de Edición
Université François-Rabelais Tours y Université de Toulouse 2-Le Mirail
Revista
Lectures du genre
(pp. 116-129)
- ISSN 1958-5136
Université François-Rabelais Tours y Université de Toulouse 2-Le Mirail
Université François-Rabelais Tours y Université de Toulouse 2-Le Mirail
ISSN
1958-5136
Resumen
Información suministrada por el agente en
SIGEVA
Il existe une riche mythologie autour de l'exil et du voyage liés à la construction de l'identité homosexuelle, ce dont Didier Eribon nomme la « fantasmagorie de l'ailleurs ». Mais encore cette mythologie du déplacement peut s'entrecroiser avec la vie nocturne, comme un espace propre à la transgression des normes, où il s'avère possible de revendiquer une identité différente en termes de sexualit...
Il existe une riche mythologie autour de l'exil et du voyage liés à la construction de l'identité homosexuelle, ce dont Didier Eribon nomme la « fantasmagorie de l'ailleurs ». Mais encore cette mythologie du déplacement peut s'entrecroiser avec la vie nocturne, comme un espace propre à la transgression des normes, où il s'avère possible de revendiquer une identité différente en termes de sexualité. Précisément, c'est le cas des écrivains argentins Sylvia Molloy et Edgardo Cozarinsky (elle aussi enseignante et critique littéraire, tandis que lui il est de même très reconnu en tant que cinéaste). Tous deux peuvent être abordés conjointement. Non seulement parce que, appartenant à la même génération, ils ont réalisé leurs premiers pas en écriture dans le même univers culturel -la prestigieuse revue Sur de Victoria Ocampo- mais encore par leurs divers déplacements liés à la configuration de leur identité homosexuelle, une configuration qui est avant tout l'expression d'un devenir tel que le propose Eribon dans son étude Réflexions sur la question gay (Paris, Fayard, 1999). Le présent article se propose donc d'étudier ladite configuration de Molloy et Cozarinsky, tout en les rapprochant ou en les éloignant. Car, bien qu'appartenant au même milieu culturel, ils ont tissé un rapport différent vis-à-vis de leur identité homosexuelle. C'est ainsi que dans un premier temps nous évoquerons brièvement leur passage par le groupe Sur, groupe où d'ailleurs on perçoit l'existence d'une "démographie de la dissidence sexuelle" telle l'observation de Gabriel Giorgi et de Mariano López Seoane ("Surtidos", Suplemento Soy, Página 12, Buenos Aires, 10 février 2012). Mais si leur passage par Sur peut trouver des divergences, c'est le pas suivant, le départ vers l'étranger qui semble à nouveau réunir Cozarinsky et Molloy. En effet, la "fantasmagorie de l'ailleurs" joue un rôle essentiel chez eux comme nous le verrons par la suite. Enfin, nous souhaitons aborder cette configuration identitaire à travers l'analyse d'une oeuvre littéraire de Sylvia Molloy, En breve cárcel de 1981, et d'un film à lui, Ronda nocturna de 2005. Le texte littéraire et le film présentent deux modalités de ladite configuration: si d?une part le confinement dans une chambre -on perçoit là l'écho de Une chambre à soi de Virginia Woolf- devient l?espace nécessaire depuis lequel (s') écrire, enfermement alors comme métaphore de la libération identitaire, de l'autre c'est l'univers nocturne de la ville qui fonctionne comme le déploiement d'un spectacle (la nuit comme l'image d'un cabaret) où diverses identités sexuelles se singularisent.
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Palabras Clave
SYLVIA MOLLOYEDGARDO COZARINSKYQUEERIDENTITÉ HOMOÉROTIQUE